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Les candidats de 22 villes bretonnes s’engagent pour le tilde

La reconnaissance du tilde à l’état civil a progressé avec l’instruction du ministère de la Justice de faire droit aux parents d’un bébé portant un prénom avec un tilde. Elle progresse aussi grâce à l’engagement des candidat·es aux élections municipales. Ainsi, en un mois, les candidats de 22 des 28 villes bretonnes dotées d’une maternité ont répondu à l’interpellation de Mignoned Fañch.
 
Depuis le début du mois de février, la carte des candidat·es aux élections municipales s’engageant à inscrire à l’état civil les bébés nommés Fañch ou toute personne portant un autre prénom breton avec un tilde s’est joliment colorée de vert. Comme souvent en Bretagne, le vent souffle de l’ouest et c’est cette partie de la région qui a verdi la première.
 
 
 
 
Mignoned Fañch a débuté sa campagne il y a tout juste un mois, le 9 février, date à laquelle on ignorait tout des récentes instructions du ministère de la Justice pour cesser d’attaquer les familles des petits Fañch, des petites Añjela et autres Maaño ou Iñaki, date à laquelle, également, la famille d’un petit Fañch né à Brest en novembre se démenait, avec le soutien de Mignoned Fañch, pour obtenir la reconnaissance de ce tilde. Toutes les listes auprès desquelles Mignoned Fañch a trouvé une adresse mail ont été interrogées et relancées au moins une fois.
 
En un mois, les candidats de 22 des 28 villes bretonnes dotées d’une maternité ont répondu à l’interpellation de Mignoned Fañch. On dénombre 
-       14 réponses en Finistère (5 villes dotées de maternités),
-       9 réponses en Morbihan (4 villes dotées de maternités), 
-       6 réponses en Côtes-d’Armor (2 villes dotées de maternités + celle de Guingamp où sont suspendus les accouchements), 
-       4 réponses en Loire-Atlantique (5 villes dotées de maternités)
-       3 réponses en Ille-et-Vilaine (6 villes dotées de maternités).
 
Les réponses favorables proviennent des candidats de toutes les nuances du spectre politique à l’exception de l’extrême droite. Ces derniers pourtant sollicités comme les autres, se sont abstenus de toute réponse, un silence que l’on peut lier à l’opposition assumée de leur cheffe à l’enseignement des langues régionales.
 
Dans 11 villes, les équipes sortantes ont se sont engagées. Mieux encore à Landerneau et Morlaix où toutes les listes se sont engagées, il n’y a plus aucun obstacle pour utiliser le tilde à l’état civil. A Saint-Brieuc, le maire actuel a indiqué avoir déjà procédé à l’inscription de deux Fañch en dépit de la circulaire de 2014. Une surprise est venue de Saint-Nazaire où l’un des candidats porte le prénom de Fañch : en effet, ce prénom a été correctement enregistré de façon officielle par le ministère de l’Intérieur (… dirigé par un certain M. Nuñez). Mignoned Fañch a aussi reçu des réponses de Plougastell-Daoulas, en dépit de l’absence de maternité sur le territoire.
 
Plusieurs candidats et candidates ont aussi apporté des commentaires à leur messages : satisfaction de la fin des chicanes et autres poursuites pénales contre les familles, attachement à l’action de Skoazell Vreizh, engagements pour la transmission du breton, la diversité culturelle et linguistique, liberté de choix des prénoms dont la seule restriction légale est l’intérêt de l’enfant, nom de famille du ministre de l’intérieur…
 
A Brest, la candidate LFI a rappelé que déjà en 2019, elle s’était engagée dans ce sens ainsi que l’atteste un tweet de cette année-là ; dans cette ville, la liste du maire précise aussi qu’elle proposera au procureur la rectification des états civils passés.
 
Du côté des déceptions – mais celles-ci sont peut-être juste provisoires puisque la campagne électorale court encore – on relève les réponses des Malouins. Mignoned Fañch a indiqué que le maire, candidat à sa réélection, n’inscrirait pas les bébés avec un tilde après que ce dernier ait répondu que la ville appliquerait, à la fois, la loi et les circulaires ministérielles. L’application de la circulaire de 2014 entraînant le refus, il a été renseigné comme tel. Aucune autre liste malouine n’a encore répondu.
 
Déception aussi du côté de Rennes et Nantes où aucune des maires des deux capitales bretonnes n’a encore répondu aux sollicitations, ainsi qu’à Saint-Herblain, Ancenis-Saint-Géréon, Chateaubriant, Saint-Grégoire, Redon et Fougères où la question de Mignoned Fañch n’a pas encore reçu de réponse en dépit des récentes annonces du ministère de la Justice.
 
Si des Mignoned Fañch habitent dans ces secteurs, qu’ils n’hésitent pas à relayer notre demande. La lettre type est disponible en ligne et ils sont invités à mettre mignonedfanch@gmail.com en copie.
 

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